Ce soir sur ARTE règne déjà un parfum de Tour de France, à une semaine du départ de l’épreuve…Avec la diffusion à 20h40 du documentaire « Tour d’Enfer » tourné au sein de l’équipe Deutsche Telekom durant le Tour 2003 (le + beau), et surtout la rediffusion du documentaire « Les grands duels du sport » consacré au duel Anquetil / Poulidor qui a divisé en 2 la France gaullienne des ’60, la France qui gagne contre la France éternelle seconde, celle des 1/2 finales de Mondial…je n’vous cache pas que je suis beaucoup + attaché à la France de Poupou et de Platini, celle d’en bas pour faire un raccourci un peu facile, qu’à la France qui gagne…j’ai toujours adoré les perdants magnifiques…Poupou n’a jamais gagné le Tour de France, il n’a même jamais porté le maillot jaune (hormis pour une publicité émouvante + tard pour la Samaritaine : « à la Samaritaine, on trouve tout! » même le maillot jaune…plus maintenant malheureusement), mais Poupou était POPULAIRE, simple, humble, attachant, grand dans la douleur, besogneux au travail, comme un laboureur…il faisait son métier avec humilité, abnégation, patience, comme un artisan qui refait chaque jour le même travail…et la France l’aimait : ce qui m’avait frappé dans un autre documentaire consacré à Poupou exclusivement, c’étaient toutes ces pancartes « Allez Poupou! », « Vive Poupou! » arborées sur le bord des routes, la passion qui déchaînait les foules…personnellement ça m’donne les frissons quand il y’a des travellings de caméra-moto au ralenti qui filment le bord des routes (j’avais eu les mêmes larmes sur la fin du documentaire consacré à Coppi quand on voyait au ralenti N&B toutes ces pancartes, tous ces noms de Coppi gravés sur les murs de neige du Giro…). Anquetil, Merckx ou Bernard Hinault ont gagné 5 fois le Tour de France, mais paradoxalement, on a l’impression qu’ils n’ont jamais vraiment gagné le coeur des gens…trop cannibales, trop forts, trop ambitieux, trop calculateurs…Bernard Hinault le dit souvent je crois : pour gagner le Tour de France, il faut avoir un mental de champion…Poulidor n’avait pas ce mental, mais est-ce qu’il le voulait vraiment??? moi je le considère comme un perdant magnifique, au même titre qu’un Delors ou un Jospin…: pour être Président de la République ou vainqueur d’un Tour de France, il faut LE VOULOIR : seuls les + féroces (Chirac, Mitterrand) gagnent, c’est inscrit dans les gênes…parfois, un Joop Zoetemelk gagne sans vraiment le vouloir par abandon d’un Hinault, mais il doit toujours se demander comment il a réussi à gagner un Tour. Alors ce petit billet est dédié à tous les Zoetemelk et Poulidor de la terre. Photo : Tour 1964 : à 3 jours de l’arrivée, Poulidor et Anquetil sont encore au « coude-à-coude » (c’est l’cas d’le dire sur la photo) au classement général : dans l’étape du Puy-de-Dôme, Anquetil craque dans le dernier kilomètre, il reste couché sur sa machine, Poulidor s’échappe sans accélerer vraiment et lui reprend 42″ en 900 mètres. Il n’est plus qu’à 14″ d’Anquetil au classement général. Click HERE / ICI TO GO TO THE LISTENING PAGE ON THE AUDIOVISUAL FRENCH ARCHIVE INSTITUTE Jean Bruno et Paul Laporte commentent en direct l’arrivée du Tour de France 1964 au Parc des Princes (ambiance fabuleuse) 14/07/1964 (5min 12sec) Source INA Le surlendemain, dans la dernière étape contre-la-montre Versailles-Paris de 27,5 kms, Anquetil reprend 21 » à Poulidor et gagne son 5ème Tour de France…(le pire dans cette histoire, c’est que Poulidor a perdu le Tour 1964 sur un incident dans l’étape Andorre-Toulouse : ce jour-là, il avait distancé Anquetil dans le Port d’Envalira sous le brouillard avec près de 4′ d’avance au sommet, et Anquetil est revenu progressivement dans la descente et dans la plaine grâce aux efforts conjugués du groupe maillot jaune : à 30 kms de l’arrivée, Poulidor toujours en tête je crois avec un groupe d’échappés, est victime d’un bris de roue : il change de roue, son mécanicien le relance mais il le déséquilibre et Poulidor fait une chute qui endommage son dérailleur et pédalier…il arrive finalement à Toulouse avec 2 minutes et demie de retard sur Anquetil…tous ces efforts du matin pour rien (en même temps, Anquetil est pas bête : il savait que la fin d’étape lui était propice pour revenir à la faveur d’un groupe avec ces longs kilomètres de plaine…apparemment (j’étais pas né), Anquetil faisait toujours comme ça : il se laissait décrocher dans le dernier kilomètre des cols, sans se fatiguer inutilement, et il revenait dans les descentes et quelques kms de vallée…il gagnait comme Indurain ses Tours sur les contre-la-montres et savait toujours gérer les arrivées en altitude en limitant la casse…par exemple sur le Puy-de-Dôme, il a pas craqué puisqu’il est resté avec Poulidor jusqu’au dernier kilomètre : il a simplement géré). Click on picture to WATCH! VIDEO STAGE ON THE AUDIOVISUAL FRENCH ARCHIVE INSTITUTE arrivée d’étape Toulouse-Luchon ORTF (1min 41sec) 07/07/1964, Source INA Le lendemain dans l’étape Toulouse-Luchon, Poulidor piqué au vif par l’étape de la veille reprend plus de 2′ à Anquetil en remportant brillamment l’étape : le Tour 64 est relancé…Poulidor va-t-il remporter son 1er Tour??? Le duel du Puy-de-Dôme et plus généralement du Tour de France 1964 reste comme l’un des + mythiques de l’histoire du Tour, avec ceux de Lemond/Fignon (8″ dernière étape contre-la-montre Champs-Elysées) et Armstrong/Ullrich en 2003

Roland TISSIER 30 octobre 2006
Belle rubrique
Je vous ai envoyer un message à part
Si vous voulez je peux mettre un lien de votre site sur les miens
Un retraité passionné du cyclisme
Roltiss
Ecrit par : Roland TISSIER | 29/06/2005
http://cyclisme-roltiss.over-blog.com/