SOPHIA : So slow (album Fixed Water, enregistré suite à la mort accidentelle du meilleur ami de Robin Propper-Jones, le chanteur)

Victoire Antoine DENERIAZ en Descente – JO Turin 2006

Hier soir, en regardant Stade 2, j’apprends stupéfait la mort de Patrick KNAFF d’une embolie pulmonaire, et l’annonce de ce décès m’a profondément ému, jusqu’aux larmes…je vous l’dis franchement et peut-être avec un certain manque de délicatesse : jamais la mort d’un consultant sportif ne m’a autant touché; si l’on m’annonçait la mort de certains consultants que je ne citerai pas, je m’en battrais totalement les couilles. Patrick Knaff était pour moi le summum du commentateur sportif à visage humain, un journaliste discret, passionné, respectueux des athlètes, précis et technique dans ses analyses sans aller trop loin pour ne pas ennuyer le téléspectateur novice, il savait nous transmettre l’émotion et la magie du sport, le ski en particulier : jamais je n’oublierai ses larmes de bonheur et d’émotion lors du doublé français en slalom aux JO de Salt Lake, il restait là, caché derrière les barrières et les objectifs des caméras, ne voulant pas se montrer, lui qui était toujours resté dans l’ombre de Christophe Josse le mauriennais durant tous ces JO; jamais je n’oublierai ses commentaires en duo avec Luc Alphand, lors de la descente de Deneriaz, complicité gâchée en partie par les commentaires inutiles de Jean-René Godart (tu ne fais pas partie du monde du ski Jean-René, alors restes à ta place : le cyclisme), puis la 2ème place de Joël Chenal. Je me sentais en communion avec lui depuis ces fameux JO de Salt Lake, probablement parce que je sentais inconsciemment chez lui une certaine fêlure, un certain côté dépressif sous le masque : entre dépressifs, on se reconnaît, pas besoin de mots. Derrière les médailles françaises, il savait tout le travail accompli, tous les doutes et les échecs qu’il avait fallu surmonter, toute la forçe et la volonté nécessaires pour remonter la pente et sortir du tunnel qu’il avait lui-même connu (la blessure de Deneriaz l’année dernière, Joël Chenal de la Rosière qui a galéré pendant toute sa carrière et qui avait envie de tout arrêter il y’a un an, la mort de l’entraîneur des géantistes français Botero lors d’un accident de voiture en janvier dernier, la chute de Carole Montillet, etc), il était avec ses champions toute l’année, il savait que la flamme des JO s’éteignait très vite et que les médias français ne s’intéressaient au ski qu’une fois tous les 4 ans, alors il les comprenait, il vibrait avec eux, et nous avec. Et à la stupéfaction de la nouvelle de sa mort s’ajoute pour moi le fait d’apprendre qu’il avait été amputé d’une jambe (des suites d’un accident de voiture) et qu’il avait battu le record du monde du kilomètre lancé sur un ski : jamais je n’avais remarqué qu’il était unijambiste, ce qui est peut-être le + beau message qu’il nous laisse après sa mort : démontrer que le handicap n’est pas un handicap, que la meilleure façon de faire oublier son handicap, c’est de le cacher et le mettre de côté, que l’on n’a pas réussi grâce à son handicap mais uniquement par son professionalisme reconnu, sans aucune pitié condescendante des autres : et au-delà du handicap, cette formidable démonstration de vie et de courage est aussi valable pour la couleur de peau, la parité des femmes, etc. Patrick nous a quittés jeudi dernier, à un jour près de la St-Patrick : ultime discrétion et humilité de sa part. Mourir le jour de sa fête, c’était trop facile…Patrick Knaff me semblait faire partie de ce genre d’amis ou d’hommes « à l’ancienne », simples et effacés, que l’on ne remarque pas au 1er abord, auxquels on ne pense pas forcément en 1er pour un boulot (ce qui est la pire des tares dans le monde de la TV et le monde professionnel en général où il faut toujours jouer des coudes et se mettre en avant) : sur Google Images, quand on tape « Patrick Knaff« , on obtient une seule photo, ça veut tout dire…mais c’est seulement quand ils disparaissent que l’on se rend compte à quel point ils vont nous manquer, à quel point leur présence discrète mais toujours fidèle était rare, généreuse et précieuse…tu vas nous manquer Patrick.

SOPHIA : So slow Lyrics

I turn off the light but leave the television talking / j’éteins la lumière mais je laisse la télévision parler
No tonight, I don’t want to be alone / non ce soir, je n’veux pas être seul
I try to close my eyes, but I’m afraid of the dark / j’essaye de fermer les yeux, mais j’ai peur du noir
I see you everywhere / je te vois partout

But Death comes so slow / mais la mort vient si lentement
when you’re waiting to be taken / quand tu l’attends
when it’s all you want / quand tu la désires + que tout
and it takes the ones that don’t / et qu’elle prend ceux qui ne la veulent pas

Article BlogTVNews

Forum Sports France 2

Article Sport365

Billet Blog Leeloolène